LÂCHER LES CHIENS

12 septembre 2026

Roman de

Antonin FEURTÉ

Édité chez

Paulsen

Date de sortie
8 janvier 2026
Genre
Roman noir
Pays de l'auteur
France
Avis

Permettez moi tout d’abord de remercier mon ami Pierre Faverolle, du site Black Novel, qui a eu la gentillesse de m’adresser ce roman après l’avoir lui-même beaucoup apprécié.

« Lâcher les chiens », d’Antonin Feurté, est publié aux éditions Paulsen. Voilà maintenant plusieurs mois que je découvre le catalogue de cette maison d’édition, dont les publications me séduisent régulièrement par leur qualité. Et je peux déjà vous dire que ce premier roman d’Antonin Feurté ne fait pas exception.

Valère est en cavale. Traqué dans les Pyrénées, il avance avec pour seul repère une carte laissée par son père, un ancien berger qui connaissait la montagne dans ses moindres recoins.

Mais pourquoi fuit-il ?

Antonin Feurté se garde bien de nous donner tout de suite la réponse. Il laisse cette question en suspens et nous entraîne peu à peu dans le passé de son personnage.

Car c’est par bribes que l’on découvre ce qui s’est joué. Les souvenirs remontent, se mêlent à la fuite et finissent par donner un autre visage à Valère.

Celui que l’on suivait d’abord comme un homme traqué apparaît bientôt beaucoup plus vulnérable qu’on ne l’imaginait. Les épreuves, les petites humiliations accumulées, tout ce qu’il a encaissé sans rien dire prennent progressivement leur place.

Et l’on finit par comprendre comment cet homme en est arrivé là, jusqu’au moment où quelque chose a cédé.

Le monde du travail compte beaucoup dans cette histoire. Antonin Feurté montre ce qu’il peut avoir de brutal lorsqu’un homme n’est plus regardé que comme celui qui exécute, obéit et se tait. Cette violence-là n’a rien de spectaculaire, mais elle use et finit par laisser des traces.

Et puis il y a la montagne. Impossible de la réduire à un simple décor. Elle accompagne Valère tout au long de sa fuite, tour à tour refuge, menace et territoire familier. C’est aussi ce qui le rattache encore à son père et à ce qu’il a été.

La montagne, elle aussi, occupe une place essentielle dans ce livre. Elle n’est pas un simple décor. C’est le dernier lien qui rattache Valère à son père et, peut-être, le seul endroit où il pense encore pouvoir trouver une issue à sa fuite.

Les Pyrénées sont magnifiques, mais elles restent indifférentes à son destin, imposant leurs règles et rappelant sans cesse que l’homme y demeure un simple passant. Cette relation entre Valère et ce milieu naturel et sauvage est d’ailleurs particulièrement réussie.

On est immanquablement captivé, et le style sobre et efficace de l’auteur, avec des cahpitres courts,  contribue à ce rythme soutenu qui nous pousse jusqu’à la dernière page,  avec l’impatience de découvrir jusqu’où cette fuite peut conduire Valère.

« Lâcher les chiens » est un très bon roman noir. L’histoire d’un homme qui perd pied sans que personne ne semble réellement voir ce qui est en train de se jouer.

Outre  la traque, Antonin Feurté aborde également les thèmes de la transmission, de la solitude, de la dignité, de la violence ordinaire et de ces fractures invisibles qui peuvent finir par tout emporter.

Pour un premier roman, je trouve le résultat particulièrement impressionnant. Antonin Feurté signe un livre tendu, intelligent et profondément humain, qui vous tient en haleine jusqu’au bout.

Voilà une œuvre qui augure de belles choses à venir ! Et lorsque l’on découvre qu’Antonin Feurté n’a que vingt-trois ans, on ne peut qu’être impressionné par la maturité dont il fait preuve. Une chose est sûre, cette première réussite donne très envie de découvrir ses futurs romans.

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