LE BIG BOSS

   BILL JAMES

EDITIONS RIVAGES

 

le big boss (Copier).gifC’est une cité comme il en existe beaucoup, abandonnée par la prospérité et rongée par le chômage et la misère sociale, où l’on survie de petits boulots. Un territoire livré à tous les trafics, à commencer par celui de la drogue, où les caïds ont fait leur cet endroit de désespérance.

C’est là qu’elle est née et qu’elle y a grandi. A 11 ans le monde vous appartient et on a la vie devant soi.

Sauf pour elle, sauf pour Mandy, alias Noon, qui n’aura de promesse que celle de l’éternité de la mort et de l’obscurité du néant.

A onze ans elle fait la une des quotidiens. Une heure de gloire bien éphémère, un instant sous les feux de la rampe qu’elle n’aurait sans doute jamais voulu connaître. Et pour cause.

Si elle fait ainsi la une de l’actualité, si son histoire choque toute une ville et alimente les conversations, c’est parce que Noon s’est effondrée dans la rue, enlevée à la vie par une balle perdue dans ce qui semble être un règlement de compte entre trafiquants.

Au milieu de la tempête médiatique qui s’ensuit, où tout ce que la ville compte d’officiels, de politiques et de notables, exigent de la police qu’elle rétablisse la sécurité dans les rues de la ville et qu’elle mette hors d’état de nuire l’auteur du coup mortel, le superintendant Harpur mène son enquête.

Très vite ce dernier acquiert la certitude que les choses ne sont pas aussi évidentes qu’elles n’y paraissent.

Il s’avère en effet que la jeune Noon transportait de drogue sur elle. Nul doute qu’elle servait de « mule », une activité que beaucoup de jeunes désœuvrés du quartier pratiquent pour se faire un peu de fric et remplir les ventres de familles sans le sou.

Un peu plus tard l’étude balistique donnera un tour particulier à l’enquête, confirmant à Harpur ce qu’il commençait à entrevoir. Noon a été délibérément visée, et donc froidement abattue.

 Dès lors qui avait intérêt à l’éliminer ?

En partant d’une histoire comme il en arrive parfois dans ces quartiers livrés à eux même, où règne les caïds de la drogue, Bill James dresse un portrait saisissant de cette société à la dérive, où les choses ne vont plus de soi, où la frontière entre le bien et le mal, le juste et l’arbitraire s’efface dans une dissolution urbaine qui laisse la place à la violence et à loi du silence.

Même la police n’est pas épargnée par cette évolution des choses qui la dépasse, divisée entre ceux, résignés, qui seraient prêts à composer avec les caïds pour garantir un semblant de paix civile dans les rues de la ville, quitte à fermer les yeux sur certains trafics, et ceux qui veulent continuer le combat en optant pour des méthodes d’infiltration pour atteindre le mal en son cœur.

 Bill James donne un réalisme et une tonalité particuliers quand il s’agit d’évoquer la vie dans ce commissariat urbain qui fait face à ces changements auxquels il a bien du mal à s’adapter, enfermé dans des pratiques ou des approches qui ne sont peut-être plus en phase avec la réalité du terrain, et tétanisé par les luttes de pouvoir qui s’y opèrent.

Et tandis que les flics doutent, hésitent sur les choix à opérer pour lutter contre eux, les caïds mènent grand train.

Bill James nous offre en particulier le portrait d’un baron de la drogue, celui-là même qui employait la petite Noos, que l’auteur nous décrit non sans une certaine causticité patinée à l’humour. Un homme qui aime à jouer les grands seigneurs dans son quartier, soucieux de son image et de sa réputation auprès des concitoyens. Une sorte de notable à sa manière.

Le New York a écrit au sujet de Bill James, qu’il était « un superbe chroniqueur des relations entre défenseurs de la loi et hors-la-loi. »et c’est parfaitement l’opinion que l’on peut en avoir à la lecture de ce roman.

Auteur britannique particulièrement prolifique, « Le big Boss » publié aux éditions Rivages s’inscrit dans la série que Bill James consacre aux aventure d’Harpur et Iles.

 S’il n’est peut-être pas le meilleur de cette série qui compte de nombreux d’opus ( qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres)  celui-ci reste de très bonne facture et ne manquera pas de ravir les fans de la première heure, quand les autres découvriront pour la première fois ce duo de flic iconoclaste et attachant.

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8 Commentaires

  1. Salut mon ami du sud. Jamais lu de Bill James. Un conseil ? Grosses bises !

    • La petite souris

      ha ben je suis bien embêter pour te répondre mon bon Pierre car figure toi que les romans de Bill James n’ont pas été publiés en France dans l’ordre chronologique de parution en Angleterre. et plus le bougre a écrit sous plusieurs pseudonymes. Sous bill James je te conseillerai  » retour après la nuit » 🙂

  2. Wouah, la belle chronique.Nous aussi, on aime beaucoup Bill James.

    • La petite souris

      salut mon ami ! oui un auteur d’ailleurs que je ne lis pas assez et j’ai bien tort ! 😉 j’en profite pour te souhaiter de bonnes fêtes !

  3. A toi aussi.Je conseillerais « lettres de Carthage » et « lolita man » en plus du judicieux choix de »retour après la nuit ».

    • La petite souris

      lolitan man oui il est pas mal, lettres à Carthages je ne l’ai pas encore lu ! 🙂

  4. Nath sous les pavés la page

    Hé bien voilà encore une belle découverte avec laquelle je vais finir l’année ☺
    Santé et bonheur mon grand. Un jour nous croiserons nous, peut être. .. ☺

    • La petite souris

      ah ca ca serait super que l’on finisse par se rencontrer !!! 😉 en principe cette année je serai sur les festival de Lyon, Frontignan et Toulouse ! qui sait ?

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