L’empreinte du soupçon

BRIAN FREEMAN

ÉDITION PRESSES DE LA CITE

l empreinte du soupcon.jpgJe n’avais encore jamais eu l’occasion de chroniquer un roman de Brian FREEMAN sur PASSION POLAR, alors que j’ai pourtant déjà lu  plusieurs de ses livres. Je vais donc profité de l’opportunité que m’offre la parution de son  roman « L’empreinte du soupçon » aux éditions Presses de La Cité pour combler cette lacune.

Je le fais avec d’autant plus de plaisir, que jusqu’ici je n’ai jamais été déçu par l’un de ses livres,  mais aussi  parce que j’ai eu l’occasion , il y a quelques années, de rencontrer Brian FREEMAN, lors d’un quai du Polar à Lyon dont je garde un excellent souvenir.

A cette époque je faisais la connaissance d’un écrivain surprenant, plein de malice et d’humour, aimant blaguer avec son lecteur, prenant le temps de discuter avec lui autour de son œuvre, non pour la vanter mais surtout pour savoir quel regard le public portait sur elle.

Je suis toujours surpris quand je rencontre des écrivains, de constater que ce sont souvent les plus sympathiques, les plus joviaux qui sont aussi bien souvent ceux qui écrivent les romans les plus sombres, lesordi plus angoissants, qui instaurent des atmosphères des plus oppressantes. C’est le cas par exemple avec Thomas H. Cook, mais çà l’est également avec Brian FREEMAN.

Avec « l’empreinte du soupçon » , l’auteur emmène son lecteur dans une histoire tortueuse et progressivement étouffante comme peut l’être un nœud coulant passé autour de votre cou.

Il y a des soupçons, des rumeurs, des accusations qui restent à jamais indélébiles dans la mémoire des gens, qui vous marquent et vous suivent comme des ombres noires au dessus de votre existence.

 Et quand vous êtes un enseignant charismatique, que vous êtes un homme séduisant, que vous susciter les fantasmes les plus fous auprès de certaines de vos élèves, les dégâts peuvent être dévastateurs quand le sceau de l’infamie s’abat sur vous.

Mark Bradley , professeur dans une petite commune du Wisconsin en sait plus que quiconque quelque chose. Lui qui s’est retrouvé au milieu de la fosse aux lions quand il fut découvert sur l’ordinateur de Tresa , une de ses élèves, des textes où celle ci racontait ses rapports sexuels avec son enseignant.

florideIl  eut beau clamer qu’il ne s’agissait que d’affabulations de la part de son élève, celle ci de confirmer qu’il n’y avait jamais rien eu entre eux, s’il n’y eut pas de procès , le jugement de la communauté tomba aussi tranchant qu’une lame de guillotine. Coupable.

Dès lors il ne fallu que quelques semaines et un motif prétexte pour que Mark Bradley perde son boulot.

Dans cette descente aux enfers, sa seule bouée de secours fut le soutien indéfectible de sa femme, elle aussi enseignante dans le même établissement. Persuadée de l’innocence de son mari, c’est ensemble qu’ils décidèrent de faire face et de rester dans la ville vaille que vaille. Fuir , se reconstruire ailleurs , aurait été un aveux terrible et insupportable .

Un an plus tard, à l’occasion d’un déplacement en Floride, les voilà tous les deux au bord de l’océan, bien loin des turpitudes du Wisconsin . Soleil, sable fin, cocktails, mer chaude, l’occasion de se retrouver dans ce paradis sur terre.

Jusqu’à ce que l’enfer ne décide de déchirer cette carte postale du bonheur.

Sur la plage , un corps sans vie est retrouvée. Celui d’une jeune fille étranglée et abandonnée sur le sable. Or la jeune victime n’est autre que Glory, la sœur de Tresa.

Pour Mark Bradley, c’est le cauchemar qui recommence .flam

Soupçons, suspicions, témoignages troublants vont très vite amener l’inspecteur Cab Bolton, chargé de l’enquête, à s’intéresser à lui, d’autant qu’il aura rapidement écho des accusations qui avait été portées à son encontre un an plus tôt.

Et c’est pour confondre son suspect qu’il se rend dans le Wisconsin , pour creuser le passé de la victime et celui de sa sœur, afin d’y trouver les raisons qui ont conduit à cet assassinat.

Mais remuer le passé fait parfois remonter à la surface des évènements que certains voudraient voir oublier. Quel lien y a t’il entre le meurtre de Glory, et cette maison incendiée six ans plus tôt qui vit mourir brûler vifs tous ses occupants sous ses yeux horrifiés de petite fille?

 bien d’étranges personnages vont graviter autour de cette affaire aux ramifications profondes.

Certes, l’auteur ne renouvelle pas le genre avec ce roman, mais par contre il joue à la perfection des rouages classiques du thriller pour signer un très bon livre qui devrait combler les amateurs du genre.

Le lecteur accompagne ce couple qui a su serrer les coudes pour faire face à l’adversité, et va progressivement s’imprégner de cette atmosphère lourde qui pèse sur eux. Une atmosphère qui deviendra oppressante à mesure que le cauchemar se saisira d’eux à nouveau.

freeman

Brian Freeman

Le couple résistera-t-il à cette nouvelle épreuve, ou au contraire le poison du doute finira pas s’infiltrer en eux pour entamer son travail de destruction?

A la différence de nombreux auteurs du genre, Brian FREEMAN prend bien le temps d’installer son histoire dans son contexte, en s’attachant à rendre palpable le climat dans lequel vont évoluer ses personnages.

En faisant le choix de laisser de côté le spectaculaire qui habille si souvent le thriller, il opte pour un rythme plutôt lent au début ( mis à part le prologue), mais qui ira crescendo une fois l’environnement posé et que l’étau  de  l’enquête se referme sur ce couple qui tente de faire face.

Un roman donc plutôt réussi, qui confirme s’il en était besoin ,le talent de Brian FREEMAN .

je-commande

 

souris  @Hippo

10 Commentaires

  1. Runbabook

    Hello Petite Souris , je ne connais pas du tout cet auteur-là mais il semble avoir un côté  » authentique  » qui me plaît bien . Et le motif de départ ne laisse pas indifférent …
    Une vilaine lacune qui sera vite comblée .
    Merci merci 😉

    • La petite souris

      je crois que tu va passer un agréable moment de lecture en sa compagnie ! 🙂

  2. Phil70

    ta chronique me tente beaucoup ! je crois que pour ma part j’avais déjà lu de lui Las Vegas baby que j’avais bien aimé.Alors pourquoi pas celui-ci !

  3. Bonjour La petite souris, je ne connais pas du tout cet écrivain, merci pour le conseil. Bonne après-midi.

  4. Salut!
    Moi non plus je ne connais pas. C’est marrant (enfin…surement pas un hasard) que tu parles de T.Cook, parce que ce que tu racontes de ce roman me fait drôlement penser à lui. Je trouve Cook un poil lent (voire mou)…

    • La petite souris

      j’adore Cook en ce qui me concerne comme quoi 😉 et c’est curieux que je te fasse penser à lui car pour ma part je ne rapprocherai pas ces deux auteurs . C’est marrant la perception que l’on a des mots des autres 🙂

  5. Salut ptit mulot !
    Je viens juste de le finir, je découvre l’auteur avec ce roman.
    Ben je suis d’accord avec ton ressenti, un auteur que je suivrai dorénavant

    • La petite souris

      ah je suis content que tu l’aies lu ! j’attendrai avec impatience ton avis plus détaillé car je me doute que tu vas en faire une chronique de lecture, que je ne manquerai pas de lire !! 😉

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