LES DIABLES DE BEAUSANGES

17 mai 2026

Roman de

Victor GUILBERT

Édité chez

Flammarion

Date de sortie
8 avril 2026
Genre
Policier
Pays de l'auteur
France

« Les Diables de Beausanges » commence comme un mauvais rêve.

Ashley d’Ambricourt est retrouvée morte, perchée dans un arbre, un sac plastique sur la tête, dans une ville écrasée par une météo déréglée et une présence animale devenue presque obsessionnelle.

 À Beausanges, le ciel pèse, l’air colle, les nerfs lâchent. Le décor n’accompagne pas seulement l’enquête, il la contamine.

Victor Guilbert installe d’abord Serge Vaxelaire, homme humilié, médiocre aux yeux des autres, mais habité par une idée monstrueuse.

 À Shanghai, avant son retour en France, il a voulu prouver quelque chose. À lui-même surtout.

Des années plus tard, quand le meurtre d’Ashley réveille ce qu’il croyait définitivement enterré, son assurance se fissure.

L’affaire revient au capitaine Barthélémy Féroce, épaulé par Bérénice et Omar Redouté. Le trio enquête dans une ville où chacun paraît retenir une part de vérité.

 Les adolescents proches d’Ashley, leurs familles, les figures locales, les adultes respectables, tous deviennent des points de tension.

Victor Guilbert réussit à donner à cette communauté une vraie densité, avec ses lâchetés, ses arrangements, ses blessures anciennes. Beausanges n’est pas seulement une scène de crime, c’est aussi une petite société malade de ce qu’elle cache.

Le roman tient beaucoup à son mélange de noirceur et de décalage. L’auteur joue avec les codes du polar sans s’y enfermer.

Il y a une enquête, des pistes, des soupçons, des mensonges, mais aussi une fantaisie sombre. Certaines scènes flirtent avec l’absurde, d’autres serrent franchement la gorge. Ce déséquilibre donne au livre sa spécificité. On sourit parfois, mais c’est de courte durée.

Il est intéressant de voir comment Victor Guilbert dessine ses personnages. Serge Vaxelaire n’est pas seulement un homme dangereux, il est aussi un être minable, orgueilleux, enfermé dans une image de lui-même qu’il veut réparer par l’irréparable.

 Bérénice, de son côté, apporte une humanité plus fragile, plus physique, moins spectaculaire. Quant aux jeunes, ils ne sont pas de simples silhouettes autour d’une victime. Ils portent déjà les marques d’un monde adulte qui les abîme.

« Les Diables de Beausanges » est donc un polar étrange, dense, parfois excessif, mais qui possède une vraie singularité.

 Victor Guilbert ne raconte pas seulement une histoire de meurtres, il construit une atmosphère, une ville, un réseau de fautes intimes et de secrets partagés.

Le résultat donne un roman noir à la fois ludique et dérangeant, où le crime pousse dans le terreau qui l’a rendu possible.

 Beausanges a beau être imaginaire, on en ressort avec l’impression d’y avoir respiré un air franchement vicié.

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