SOIS GENTIL TUE LE

PASCAL THIRIET

ÉDITIONS JIGAL

Il n’est pas nécessaire d’écrire des pavés de 600 pages, comme c’est la tendance actuellement, pour régaler son lecteur.

Prenez par exemple Pascal Thiriet. Dans un court roman d’à peine cent cinquante pages, celui-ci offre à son lecteur une grande bouffée d’air, et un souffle d’humanité poignant.

En mer les mots ne servent à rien. C’est doute pour cela que Pascal est un taiseux.

Marin au grand large à bord de son bateau « le mort à crédit », nom provocateur en lien avec le titre d’un roman qu’il n’a même pas lu , sa vie est rythmée par ses sorties en mer, et la nécessité pour lui de faire des extras pas très légaux pour payer… le crédit de son navire.

A terre il a bien partagé un temps sa vie avec Lorraine. Mais celle-ci s’en est allée tout en restant en contact avec lui.

Le métier n’est pas facile, mais il est libre. Son seul plaisir, c’est de se retrouver au troquet du coin de temps en temps pour écluser des verres avec ses amis.

 Parfois il embauche quelqu’un lui prêter main forte sur le bateau. Des gaillards qui connaissent leur affaire.

Pourtant un jour, c’est une femme qu’il prend à son bord. Recrutée par une petite annonce publiée dans un journal, elle habite une île de la Méditerranée quand lui vit sur une île de la façade atlantique.

Marin pêcheur elle aussi, elle rêve de connaitre « la longue houle » et les « vents flamenco » du grand large. Ça lui plaît.

C’est ainsi qu’ils partagent le même pont, à affronter les turpitudes de l’océan et les farandoles brutales du vent.

Très vite ils se trouvent, se mélangent, sans avoir rien à dire.  Murène, c’est son surnom, démontre rapidement ses capacités.

Mais un jour elle s’en va, comme elle est venue.

Pascal a continué sans elle, simplement, parce que la vie va ainsi et qu’on ne peut rien y faire.

Il continue d’avancer dans son existence comme on progresse sur un chemin, un pas après l’autre, sans se retourner, sans regret et sans s’encombrer la tête de questions qui ne trouveront de toute façon pas de réponses.

Mais Il ne l’oublie pas, comme il n’oublie pas tous ceux qui a un moment ont fait partie de sa vie. Son père, perdu en mer avec son bateau bien des années plus tôt, Lorraine et sa mère.

Aussi, quand un jour Murène lui écrit pour lui demander son l’aide, il n’hésite pas, il prend son fusil saute dans sa voiture, et part la rejoindre.

Car on a beau pêcher loin sur les flots, le passé rattrape toujours les hommes.

« Sois gentil tue le » est un roman de peu de mots. A l’image des personnages de Pascal et Murène qui en composent le cœur.

L’histoire de deux êtres, simples, âpres à la vie, qui se croisent, et portent eux les cicatrices de blessures qui ont façonné leur être au plus profond, et qui trouvent dans la solitude du grand large et la force des éléments un apaisement à leurs maux.

Mais il y a sur terre et dans les cœurs, des tempêtes bien plus dévastatrices que sur les océans.

Pascal Thiriet nous offre là le genre de roman que j’aime à lire.

Fondamentalement centré sur l’humain, allant directement à l’essentiel, avec une écriture sèche, des dialogues brefs, qui servent une histoire sombre, mais qui en même temps, laisse entrevoir une pour ses personnages, une lumière.

Un espoir que peut être, pour eux aussi, le bonheur est possible.

Très joli roman que signe donc un Pascal Thiriet toujours aussi inspiré, qui ne déplaira pas à ceux qui ont lu ses précédents ouvrages, et qui surprendra agréablement, ceux qui le découvriront pour la première fois.

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2 Commentaires

  1. Coelho

    C’est toujours risqué de vous lire… Me revoilà avec un roman sur ma liste 🙂 Merci
    Bon courage

    • La petite souris

      devant le juge je plaiderai coupable ! j’assume toujours mes crimes 😉 🙂 bonne lecture !!!!

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