SUR LE FIL DU RASOIR

OLIVER HARRIS

EDITIONS POINTS

Early morning sunlight over the River Thames with the London Eye, Houses of Parliament and Hungerford Bridge

sur-le-fil-du-rasoirLe polar anglais se porte bien, merci pour lui. Et s’il fallait vous en convaincre, je vous invite alors à lire « Sur le fil du rasoir »  d’Oliver HARRIS, pour vous rendre compte que la relève est même assurée.

  A 34 ans, Oliver HARRIS accomplit avec ce premier roman, un joli coup,  réussissant là où beaucoup d’auteurs se cassent souvent les dents : écrire un roman enlevé, percutant doté d’une trame solide aux ramifications nombreuses et judicieuses. Un roman où chaque élément, chaque personnage, chaque situation participe à une mécanique savamment réfléchie et d’une redoutable efficacité.

Le résultat est ici impressionnant, tant l’auteur possède une maîtrise narrative quasi machiavélique et que l’on a bien à l’esprit qu’il s’agit d’un premier roman.

Mais pour faire un très bon livre, un scénario bien ficelé ne suffit pas. Encore faut il que celui-ci se déploie autour d’un personnage principal hors du colivres-sterlingmmun.

Nick Belsey est « constable » dans la police londonienne (1er échelon dans les grades des officiers de police). Pour lui les choses ne tournent pas vraiment rond. Divorcé, criblé de dettes de jeu, un propriétaire qui ne le laisse plus rentrer chez lui, et l’alcool pour seul refuge.

Un flic borderline qui n’hésite pas de temps en temps à profiter des opportunités que lui offre son statut pour améliorer ses fins de mois.

Pour arranger le tableau, la commission de discipline le guette et son chef le déteste. Faut dire que le bougre a eu la mauvaise idée d’offrir du bon temps à l’épouse de son supérieur.

Nous retrouvons notre homme dès le premier chapitre , dans une situation inconfortable, encastré contre un arbre dans le véhicule de patrouille qu’il a « emprunté » pour faire le tour des pubs et s’offrir une énième biture, à la santé d’une carrière en bout de course.

Vous me direz sa105977ns doute qu’un personnage de flic à la dérive, rien de plus classique. Et vous auriez sans doute raison. Mais l’intelligence d’Oliver Harris et de faire de celui-ci un funambule, un personnage dont la lumière diffère selon circonstances. Tantôt flic, tantôt voyou, un homme qui veut s’enfuir mais ne se résout jamais à partir.

Pourtant quand il arrive dans cette grande demeure luxueuse pour enquêter sur la disparition mystérieuse d’un oligarque russe, Belsey devine rapidement tout le bénéfice qu’il pourrait tirer de la situation.Une nouvelle vie lui tend les bras:

Vider la maison, puis les comptes du défunt qu’il découvrira mort enfermé dans une pièce forte, quitter Londres pour abandonner son existence misérable.

Mais un tel projet demande du temps et de l’organisation. On ne siphonne pas plusieurs millions sans avoir au préalable assuré ses arrières en mettant en place toute une stratégie visant à faire main basse sur le magot et à brouiller les pistes.

Alors en attendant, autant profiter de cette vie facile en se glissant dans la peau de cet Alexeï Devereux, ce milliardaire qui a étendu son empire aux casinos, aux champs de courses aux médias et àbiu la haute finance.

Oui mais voilà, enquêter sur cet oligarque insaisissable qui ressemble de plus en plus à un fantôme, pour donner le change et assurer la réussite de son projet de spoliation, va très vite mettre Belsey dans une situation des plus périlleuses.

D’ autant que celui-ci va mettre le doigt sur l’existence d’un mystérieux projet « Boadicée » autour duquel gravitent pas mal de requins de la haute finance avec dans leur sillage des personnes fort peu recommandables.

Dans cette histoire mouvante dans laquelle il s’enfonce toujours un peu plus à chacune de ses actions, Belsey  joue un véritable numéro d’équilibriste dans un univers dont il découvre les enjeux et les règles, y naviguant tantôt avec son flaire de flic pour sauver sa peau, tantôt avec roublardise , attiré par l’appât du gain.

 Un personnage hors du commun qui donne à ce roman toute son originalité et sa force.

Assurément Oliver Harris signe là un très bon roman.

4 Commentaires

  1. Merci pour ce beau compte rendu mister Mulot.

    • La petite souris

      Merci beaucoup 🙂 Un pote m’informe que le prochain roman d’ Harris sort en novembre chez Seuil ca s’appellera  » le réseau fantôme » . sûr que celui là je vais me le lire !

  2. BONSOIR
    excusez moi de vous déranger, qui a gagné le concours?
    bonne soirée !

    • La petite souris

      Bonsoir Titou ! Le gagnant du concours d’octobre est Myriam Veisse d’Essey les Nancy ! cf la newletter de « une main encombrante » qui vient juste d’être postée pour connaître son prix. Prochain concours début novembre ! En attendant celui de nomvembre où il y aura plein de bonnes choses à gagner ! 🙂

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