UBAC

 ÉLISA VIX

EDITIONS ROUERGUE NOIR

uback (Copier).jpgC’est à mon ami Pierre FAVEROLLE, qui a perpétré le blog Blacknovel que je dois la découverte d’ Élisa VIX. Je possédais bien un ou deux titres de cet écrivain sur mes étagères, sans jamais avoir eu le temps de m’y intéresser jusqu’ici , comme il en va pour pas mal d’ autres auteurs d’ailleurs.

C’est donc sous l’impulsion de mon compère qui m’a fait parvenir son dernier roman en date, que je pénètre enfin dans l’univers de cette dernière, dont les récents ouvrages avaient reçu un bon accueil par la critique.

Nous sommes en France, dans le Jura. C’est là, dans un chalet à flanc de montagne que vit un jeune couple, tout juste marié. Amoureux, ils viennent d’avoir un enfant.

 Lui gère un bowling, plus bas dans la vallée, elle travaillait dans une pharmacie jusqu’à la naissance de Lilas.

Estelle qui n’a jamais eu une grande estime d’elle-même, n’en n’est toujours revenue d’avoir pu épouser le plus beau garçon de la vallée. D’autant que les choses sont allées très vite, à peine quelques semaines entre leur rencontre, le mariage qui s’en est suivi et le fait qu’elle tombe enceinte.

Le conte de fée parfait. Celui-ci aurait ainsi pu perdurer dans ce décor idyllique de montagnes et de verdure si un petit grain de sable n’était venu altérer la belle mécanique du bonheur.

Si vous aimez les huit clos alors « Ubac » devrait vous plaire. Mais celui que vous offre Elisa Vix a pour écrin les paysages grandioses et somptueux des ubac1Alpes françaises, et malgré les grands espaces dans lesquels se déroule cette histoire, c’est bien dans une atmosphère étouffante que l’auteur va envelopper son lecteur.

Dans « Ubac », Elisa Vix met aux prises deux protagonistes que tout sépare et tout oppose. D’un côté une jeune mère de famille qui jamais n’aurait espéré avoir la vie qui est la sienne depuis quelques mois, heureuse de son petit cocon familial et de sa vie bien rangée.

 De l’autre, une sœur jumelle, celle de Jeremy, le mari d’Estelle, très belle femme, sophistiquée, moderne et conquérante, qui déboule un beau jour dans leur vie sans crier gare.

Une sœur dont Estelle ignorait jusque-là l’existence et qui vit cette intrusion comme une agression, une mise en péril d’un ordre établi et d’une vie bien réglée.

Cette sœur se montre froide et pinçante à son égard, n’exprimant envers elle aucune compassion, aucun intérêt, pas plus pour elle que pour son enfant.

Seul Jeremy n’a d’importance à ses yeux, qu’elle ne cesse de prendre dans ses bras, de cajoler et de lui murmurer des mots tendres.

sang (Copier)Peu à peu entre les deux femmes une tension s’instaure, de plus en plus palpable, sans que jamais Jeremy de ne rende compte de rien.

Et puis surviennent les premiers incidents, les premières suspicions. Peu à peu Estelle se convainc que sa belle-sœur est nocive pour elle et pour son couple, et plus encore un danger pour son bébé.

 Et quand elle s’en ouvre à Jeremy, celui-ci réfute, minimise. Estelle se retrouve donc seule à faire face à cette menace qui a pénétré sa maison.

Le thème de la confrontation entre deux femmes n’est pas inédit dans la littérature, loin s’en faut. Pas plus que celui de la folie qui imprègne en filigrane ce roman de moins de deux cents pages. En soi ce roman ne révolutionnera donc pas le genre.

Néanmoins celui-ci ne manque pas d’intérêt, principalement par l’adresse de l’auteur à opérer à la fois une charge progressive de tension qui va crescendo au fil des pages, rendant la situation à bien des égards oppressante, et un basculement progressif d’une réalité à une autre sans que le lecteur ne se rende compte immédiatement que l’angle de perception de cette histoire évolue par petites touches.

Car si l’histoire semble prévisible au premier abord, le lecteur ne cesse cependant de se questionner sur la véritable nature des différents protagonistes, sur la relation entre ces jumeaux qui revêt presque un caractère incestueux, et la réalité de la menace qui , telle une tumeur, divise la cellule familiale au cœur de laquelle elle opère.

Au final, UBAC, nous donne à voir le versant sombre de ses personnages. Elisa Vix finit par délivrer un roman inquiétant mais plaisant à lire, riche d’une galerie de personnages secondaires plutôt réussis, et qui fait de ce livre, à défaut d’être le roman de l’année, un agréable moment de lecture pour les amateurs du genre.

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souris pas mal du tout 2

©PassionPolar/Ygaël

12 Commentaires

  1. Merci mon pote pour le clin d’oeil. Et si j’ai pépétré Black Novel, j’espère bien continuer ! Allez, je te fais de gros bisous ! Amitiés

  2. Il me tente de plus en plus celui-là !!

    • La petite souris

      Alors il ne te reste plus qu’à t’abandonner à la tentation ! 😉

  3. je me demande si je n’ai pas un de ses livres dans ma bibliothèque… ça me dit quelque chose en tout cas. Merci pour cette jolie chronique 🙂

    • La petite souris

      c’est fort possible car elle a écrit déjà quelques bons bouquins, mon ami Pierre Faverolle t’en parlerai mieux que moi car je ne les ai pas lu. 😉

  4. Celui-ci pourrait me tenter, j’aime bien les huis clos. Il y a beaucoup de romans de cet auteur ? Tu va en lire d’autres ?

    • La petite souris

      bonjour éléa. C’est le premier que je lis de cet auteure qui a écrit effectivement plusieurs romans dont certains ont été » favorablement accueillis par la critique. « La nuit de l’accident »s
      « Rosa Mortalis », »L’hexamètre de Quintilien » sont parmi ses meilleurs selon un de mes amis fan de l’auteure. A l’occasion oui je pense que j’en lirai d’autres ! 😉

  5. JB

    je viens de le commencer… et dès les premières pages, je suis angoissé! C’est bon signe, ça fonctionne bien! Merci pour cette chronique et aussi pour me permettre de découvrir des auteurs.

    • La petite souris

      voilà le genre de commentaire qui fait plaisir à lire ! j’espère que ton plaisir sera intact jusqu’au bout de ce roman, et si je t’aide modestement à découvrir de nouveaux auteurs alors j’en suis ravi! A bientôt j’espère !

      • JB

        j’ai juste a-do-ré! merci merci merci de m’avoir permis de rencontrer l’univers de cette auteure. Le suspens est présent jusqu’au bout, on est complètement avec la narratrice, on a qu’une envie: voir partir Nadia!

        • La petite souris

          voilà un commentaire qui fait plaisir à lire ! très heureux si j’ai pu te faire découvrir cette auteure que je découvrai pour ma part moi aussi à l’occasion de la lecture de ce roman !! A bientôt j’espère! 😉

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