DES ILLUSIONS

MAGNUS MONTELIUS

 EDITIONS JC LATTES

Des illusions [blog].jpgContrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, Magnus MONTELIUS est bien un auteur scandinave, suédois de surcroit. Vous ne le connaissez pas encore mais son roman  » Des illusions » a été salué par la critique de son pays  comme étant  le « meilleur premier roman policier » publié en 2011. Voilà donc une réputation qui peut s’apparenter à un gage de qualité pour un lecteur qui ne demande qu’à le découvrir.

C’est dans les années 90 que Montelius fait démarrer son histoire. A Stockholm, un homme fait une chute mortelle du haut d’une falaise. Accident, suicide, ou meurtre,  la police ne se pose pas longtemps la question, d’autant que la victime est trouvée avec un passeport albanais sur elle. Un étranger, inconnu de ses services, qui ne semble avoir aucune famille sur place, ce sera donc un suicide. Affaire classée.

Oui mais voilà, vous connaissez les journalistes et leur tendance à mettre leur nez  là où il ne faut pas. Tobias Meijtens n’échappe pas à la règle. Aidé de son amie Natalie Petrini  celui ci va s’intéresser à ce banal fait divers pour rapidement saisir le fil ténu d’une histoire qu’il va s’employer à dérouler.falaise

Mais la pelote est longue. Il ne le sait pas encore, mais Tobias est en train de raviver une histoire irrésolue à ce jour, qui avait secoué la vie politique suédoise dans les années 60, une époque où la guerre froide battait son plein.

Grâce à l’opiniâtreté du journaliste, celui-ci va en effet découvrir que la victime n’est pas albanaise mais bien suédoise, et qu’il s’agit d’ Erik Lindman, un homme qui a disparu vint cinq ans plus tôt dans des circonstances bien mystérieuses.

A l’époque, l’affaire avait défrayé la chronique. Très vite la presse et les politiques avaient accusé Lindman d’être un espion opérant pour le compte de la Russie et d’avoir trouvé refuge à l’Est au moment où il allait être découvert par le contre espionnage. La légende du plus grand traitre du pays était née.

vtrdSauf qu’aujourd’hui la légende repose dans le tiroir d’une chambre froide et que sa mort, loin de mettre un terme à cette affaire digne des livres d’histoire pose plus de questions qu’elle n’en résout. Pourquoi cet homme réapparait-il 25 ans plus tard ? Pourquoi se serait il alors suicidé? et pourquoi un passeport albanais dans ses poches?

Tobias, prend son enquête à cœur car elle pourrait bien lui donner enfin les clés d’une carrière à laquelle il aspire et qui jusqu’ici se refuse à lui, l’obligeant à jouer les pigistes pour un quotidien de la capitale et les chauffeurs de taxi le week-end venu. Ce travail de détricotage des mailles du passé va rapidement l’amener à sguyf‘intéresser à un groupe de jeunes étudiants des années 60, unis par l’idéal d’un nouvel ordre mondial, emprunt d’idées révolutionnaires, qui ont tous embrassés des carrières brillantes, mais aussi aux politiques de l’époque qui pour certains hantent encore les arcanes du pouvoir.

C’est à un jeu de piste particulièrement complexe et dangereux que Magnus Montelius invite son lecteur, car Linkman ne sera pas la seule victime de ce scénario machiavélique. L’auteur nous replonge à l’âge d’or de l’espionnage, où les coups meurtriers entre l’Est et l’Ouest étaient sanglants mais feutrés. Un retour vers une époque où une partie de la jeunesse européenne se rêvait gauchiste et révolutionnaire, où des dissensions et des ruptures se cachaient dans les plis du rideau de fer ( l’isolement de l’Albanie), jusqu’à ce que celui ci se déchire et finisse par tomber au sol.

monteliusC’est un roman qui arpente des chemins rugueux et sinueux à la recherche de l’identité de ce traitre insaisissable depuis tant d’année. De fausses pistes en chausse- trappe le lecteur a pour seule arme sa patience pour démêler cette histoire particulièrement dense.

Une belle écriture et un rythme assez lent donne à ce livre une atmosphère vraiment  particulière. Si vous aimez ce genre de roman, où rien n’est facile, où le moindre indice se mérite, alors celui-ci est fait pour vous et vous comblera sans aucun doute.

 Pour ma part, sans doute parce que les histoires d’espionnage n’ont jamais été vraiment ma tasse de thé, j’avoue m’être finalement perdu sur ces chemins tortueux qui ne manquent pas de recoins, comme autant de cachettes pour que s’y terre le diable.

je-commande

11

                                                   ©Hippo

Articles relatifs

4 Commentaires

  1. Bonjour Bruno
    Des illusions qui ne sont pas une désillusion si je comprends bien !
    Amitiés

    • La petite souris

      Non en effet, enfin pas vraiment. Même si pour ma part je me suis perdu dans le roman comme je l’indique, cela tient sans doute au fait que je ne suis pas un grand consommateur de romans tournant autour d’une trame d’espionnage. Par contre ceux qui aiment ca, qui apprécient les histoires minutieuses, où la vérité se tricote maille après maille, ceux là, ne seront pas déçu car c’est très bien écrit.;)

  2. Salut !

    N’aimant pas le tricot, je ne vais pas ajouter ce roman à ma loooongue liste de livre à acheter. Si le mulot a fait dodo, la belette penchera la tête elle aussi…

    Bon, si un jour je souffre d’insomnies… 🙄

    • La petite souris

      salut ma belette ! Avec le froid qu’il fait tricoter une écharpe ne serait pourtant pas une mauvaise idée ! Bon je te garde mon exemplaire de côté, si une nuit tu es insomniaque, appelle moi je te ferai la lecture ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *