MON PARRAIN DE BROOKLYN

HESH KESTIN

EDITIONS SEUIL

 

mon parrain de Brooklyn [blog].jpgAssurément le roman d’Hesh KESTIN ne sera pas le livre de l’année. Assurément aussi, il sera pourtant l’un de ceux qui m’auront le plus détendu les zygomatiques et offert un vrai plaisir de lecture.

Si vous ne connaissez pas encore l’humour yiddish alors ouvrez  sans tarder  le roman »Mon parrain de Brooklyn » de cet écrivain New Yorkais qu’il convient de découvrir. Si en plus  vous aimez les histoires de gangsters , les atmosphères à la façon  d’ « Il était une fois en Amérique » ( soit dit en passant mon film culte que j’ai du bien voir une trentaine de fois, dans sa version longue !) alors plongez y dedans sans aucune retenue !

Russell Newhouse est un jeune et brillant étudiant en lettres. Son talent, il le met au service de sa conquête perpétuelle de la gente féminine ( ce qui ne manque pas de lui occasionnernyc1963 parfois quelques contusions douloureuses de la part de frères un peu trop prompts à défendre l’honneur et la chasteté de leur sœur) et de  la Bhotke Society, une association de vieux immigrés polonais qui a en charge la gestion du carré juif dans le cimetière de Brooklyn à New York. Une responsabilité dont il s’acquitte le plus sérieusement du monde, même si cela ne lui demande pas un investissement conséquent . Bref, une fonction tranquille.

 Tranquille, du moins jusqu’à ce que Shushan Cats ne franchisse la porte de l’institution et ne bouscule par sa simple présence l’existence routinière de Russel. Car Shushan n’est pas n’importe qui, c’est le caïd local, le parrain de la pègre juive, craint et respecté par toute la communauté. Et Shushan a un problème. Sa mère est morte et il souhaite qu’elle soit enterrée dignement dans le carré juif du cimetière.  Celui ci a tôt fait de repérer  Russel dans l’assistance, et c’est à lui qu’il va confier la tâche d’organiser les obsèques de sa défunte maman. Autant dire que la vie -gangstersinsouciante de Russel sera pour l’occasion, inhumée avec le corps de la malheureuse.

Car Shushan va aussi  prendre Russel sous son aile, et dès lors l’horizon de celui-ci  va s’élargir à un univers qu’il ne pouvait jusque là qu’entrevoir . Un monde fait de luxe, de suites fastueuses, de costumes hors de prix, d’hommes de mains vouant quasiment un culte à leur boss. Russel découvre la vie facile et l’opulence, un monde où la violence n’est cependant jamais bien loin.

Pourtant, derrière cet homme qui a su se montrer brutal pour bâtir son empire, Russel va découvrir, comme une porte dérobée qui donnerait accès à un bureau secret, l’autre face de Shushan. Un homme raffiné, cultivé, capable de citer les plus grands auteurs américains ou du vieux continent, qui cache une collection d’ouvrages remarquables dont il ne manque jamais de se nourrir.

Cette première partie du roman est du coup  passionnante. Elle compte l’initiation de ce jeune protégé de Sushan, ses premiers pas dans ce milieu où la lumière de la loi ne porte pas, et nous dévoile un parrain que lenewyork1963 lecteur ne s’attendait pas du tout à découvrir. Un homme qui a des valeurs morales et une conscience politique du monde dans lequel il vit ; ami de Castro mais détestant Kennedy alors président,  et la clique des politiques qu’il ne trouve pas à la hauteur des enjeux du pays. Un caïd qui exercerait presque son office avec humanité.

La deuxième partie est tout autre. Sushan disparait quelques jours avant un procès périlleux pour lui. Mort? on n’en sait rien. En tout cas disparu, volatilisé alors qu’il se trouvait dans sa voiture. La rumeur court, les ritals auraient fait le coup.

Mais les affaires doivent tourner, et sans avoir rien demandé à personne voilà notre apprenti caïd qui se retrouve sur les feux de la rampe en devenant le nouveau boss. Mais celui ci n’a que peu de temps pour goûter à son nouveau statut. La disparition subite de Shushan et son manque d’expérience  aiguisent les appétits, et le jeune novice va devoir mettre en œuvre toute son intelligence et sa ruse pour tenir les loups à distance.  Il parviendra malgré tout à s’émanciper et à trouver les chaussures de Shushan à son pied.

Kennedy-Assasination1963Mais la vie est faite de rebondissements et cette histoire n’en manque pas !

Un roman rafraichissant, qui , bien que véhiculant pas mal de clichés sur ce milieu de gangsters, de caïds et de parrains, parvient à surprendre son lecteur avec des personnages à la fois déroutants et touchants. Un voyage au cœur de ce New York triomphant des années 60 , peut avant l’assassinat de Kennedy à Dallas, en pleine période de conquête des droits civiques pour les noirs. Une époque tumultueuse, effervescente que vous aurez plaisir à traverser.

« Mais Mon parrain de Brooklyn » c’est aussi un roman bourré d’humour Yiddish qui vous ne manquera pas de vous faire sourire à plus d’un détours de pages. Le genre de bouquin que l’on referme avec juste ce sentiment d’avoir passé un bon moment de détente en sa compagnie. Que lui demander de plus ?

 je-commande

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                                            ©Hippo

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6 Commentaires

  1. belette2911

    Que demander de plus ? Heu, du temps pour lire tout ça, de la place pour ranger tout les livres… Je suis obligée d’en donner à des associations pour pouvoir ranger tout les autres ! Bon, les Mary Higgins Clark et autres auteurs que je vire ne me manqueront pas, mais tout de même… Faut que j’agrandisse les murs.

    • La petite souris

      si tu voyais ma bibliothèque !!! j’ai le même problème !!! pour te dire les poches je les classes à l’horizontale pour gagner de la place !! mais bon, en même temps, j’adore crouler sous les livres et je suis sûr que toi aussi ! 🙂

  2. Nath

    A ecouter avec en musique de fond Morriconne alors !! Je note ce livre sur ma liste dejà fort longue pour le pere Noel !

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