LA CONSTELLATION DU CHIEN

25 octobre 2026

Roman de

Peter HELLER

Édité chez

Actes Sud

Date de sortie
19 août 2026
Genre
Policier
Pays de l'auteur
U.S.A.
Avis

C’est parfois un film qui me pousse à la lecture d’un roman. J’adore le cinéma, tout autant que la littérature, mais quand arrive un long métrage tiré d’une œuvre littéraire, je préfère avoir lu le livre avant de me rendre dans une salle obscure.

 Heureusement, il est devenu fréquent qu’au moment de la sortie d’un film, le roman dont il est inspiré soit réédité.

C’est donc fort logiquement qu’à l’approche de la sortie de « The Dog Stars » au cinéma, je me suis rendu dans une librairie pour acheter le roman de Peter Heller dont il est question !

Neuf ans se sont écoulés depuis qu’une terrible pandémie a emporté l’essentiel de l’humanité.

Les villes ont été désertées, les institutions se sont effondrées et les rares survivants se disputent ce qu’il reste de ce monde abandonné.

 Quelque part dans le Colorado, Hig a trouvé refuge sur un ancien aérodrome. Il y vit avec Jasper, son vieux chien, et Bangley, un voisin avec lequel il forme une association pour le moins improbable.

Les deux hommes ont en effet peu de choses en commun. Bangley est du genre méfiant. Peu bavard, il a la gâchette facile et est convaincu que toute personne s’approchant de leur territoire représente une menace. Hig, lui, est un homme plutôt sensible et amoureux de la nature.

Il accepte mal cette violence devenue ordinaire, mais les deux hommes ont besoin l’un de l’autre pour survivre.

Bangley qui est un fin tireur, veille à leur sécurité tandis que Hig explore « le périmètre » à bord de son vieux Cessna, qu’il a baptisé « la Bête ». Ces vols lui permettent de repérer d’ éventuelles intrusions, mais sont aussi pour lui des moments de solitude et de liberté salutaires.

Un ailleurs est-il possible ? Une autre vie ? Je n’en dirai pas davantage, car le voyage auquel nous convie Peter Heller mérite de se découvrir sans trop en connaître les détours. L’auteur parvient à faire cohabiter des scènes parfois très violentes avec des moments beaucoup plus apaisés.

Heureusement, dans ce monde où la peur dicte les comportements et où la moindre hésitation peut coûter la vie, il reste en effet des moments d’une grande douceur. C’est le cas quand Hig, retrouve des sensations qui le rattachent à son existence passée lorsqu’il survole la nature environnante.

Celle-ci occupe d’ailleurs une place essentielle dans ce roman. Mais elle aussi n’a pas été épargnée par la catastrophe, avec la disparition de nombreuses espèces. Même les rivières ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles avaient été.

Dans ce contexte, la relation entre Hig et Bangley prend une importance particulière. Les deux hommes n’ont pas la même façon de voir les choses, mais les circonstances les ont contraints à vivre ensemble et à apprendre à compter l’un sur l’autre.

 Leurs échanges sont souvent brefs et prêtent parfois à sourire. Et puis, malgré son caractère plutôt revêche, on finit par s’attacher à Bangley.

Peu à peu, on découvre autre chose derrière ce personnage qui, au premier abord, ressemble surtout à un fou furieux prêt à tirer sur tout ce qui bouge pour défendre son territoire !

L’écriture de Peter Heller quant à elle a de quoi surprendre. En effet, certaines phrases sont parfois incomplètes ,car les pensées du personnage principal se succèdent sans transition.

Mais il y a aussi ces très belles pages, où l’écrivain s’attache à nous faire découvrir ces paysages qui entourent ses personnages.

On se laisse alors gagner par le calme de ces lieux, au point d’en oublier presque ce qui se passe autour d’eux. Car le danger n’est jamais bien loin !

« La Constellation du chien » est tout sauf un roman contemplatif dans lequel il ne se passe pas grand-chose.

En effet, les situations périlleuses ne manquent pas, et certaines scènes sont particulièrement violentes.

Malgré le danger qui l’entoure, Hig aspire à autre chose qu’à cette existence organisée autour de la peur et de la nécessité de se protéger.

Alors pourquoi prendre encore des risques ? Peut-être parce qu’il refuse de passer le reste de sa vie à se méfier de tout et de tout le monde.

 Il voudrait pouvoir rencontrer d’autres personnes, retrouver un peu de confiance et croire qu’il existe encore quelque chose de bon chez les hommes.

J’ignore encore ce que vaut l’adaptation cinématographique de ce roman, mais pour ma part, je découvre un auteur passionnant à lire.

ACQUISITION: LIBRAIRIE

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