LA MAIN DE DIEU

25 septembre 2022

Roman de

Valerio VARESI

Édité chez

Agullo

Date de sortie
5 mai 2022
Genre
Policier
Pays de l'auteur
Italie
Traduction
FLORENCE RIGOLLET
Avis

C’est à un nouveau voyage en terres transalpines auquel nous convie Valerio Varesi à l’occasion de son 7e roman publié en France, » La main de dieu » , aux éditions Agullo.

Ils sont peu nombreux les personnages récurrents d’un auteur que je suis avec autant d’assiduité.

Mais que voulez-vous, on ne peut que tomber sous le charme de la plume poétique et mélancolique de cet auteur italien, et sous celui de son inspecteur, Soneri, avec son côté à la fois désenchanté et révolté qui en fait un héros des plus attachants et des plus fascinants qui soit.

Fin gourmet, moraliste et d’une sensibilité extrême, Soneri n’a jamais renoncé à ses idéaux façonnés sur la forge de l’histoire de sa ville natale, Parme. Un homme plutôt mal à l’aise dans cette société qui évolue sans cesse, et met à mal ses valeurs qui fondent sa vision du monde.

C’est un corps recraché par le fleuve qui va mener ce dernier sur une nouvelle affaire. L’individu a été assassiné et jeté à l’eau. Son cadavre a dérivé jusqu’à Parme pour finir par s’échouer sur la grève, sous le pont di mezzo. Non loin de là on retrouvera également un véhicule criblé de balles.

C’est à partir de maigres indices que l’inspecteur va remonter le fleuve, pour parvenir sur les monts enneigés du village de Monteripa. Cette fois-ci, Angela sa compagne,est à ses côtés..

Comme bien souvent dans les villages, en Italie ou ailleurs, l’étranger de passage fait face à l’hostilité des autochtones, a fortiori quand vous êtes un représentant des forces de l’ordre.

Pas simple pour le policier, d’autant qu’à la suite d’une tempête de neige et d’un éboulement qui va couper Monteripa du reste du monde, Soneri va s’y retrouver bloqué pour quelque temps, et devoir affronter cette défiance collective.

Malgré tout, avec sa persévérance et son art consommé à se fondre dans le décor, il parviendra à faire la connaissance de quelques-uns des habitants, à commencer par Afro le garde forestier qui ne manquera pas de lui faire découvrir la beauté magistrale de la nature environnante.

Celle aussi du curé du village, un religieux à la foi rebelle qui a conduit sa hiérarchie à le nommer dans ce village perdu, où l’homme s’attache à maintenir la cohésion de sa communauté.

Les échanges entre eux seront souvent empreints de philosophie. Mais il laissera transpirer également le regard acerbe que porte le serviteur de dieu sur les gens du village.

Car Monteripa est loin d’être un bourg paisible et endormi sous la neige, blotti contre son flanc de montagne qui lui sert d’écrin.

L’inspecteur va rapidement faire craquer le vernis de ce lieu idyllique et d’apparence si tranquille, et mettre à jour des tensions parfois exacerbées qui dressent certains résidants les uns contre les autres.

Aussi isolé soit-il Monteripa n’échappe pas à l’évolution du monde et à ses maux. Déclassement, exode des forces vives, paupérisation, trafics…

Le village se déchire entre ceux qui sont prêts à défigurer leur environnement par la construction d’une station de ski qui sortirait les habitants du marasme, et les tenants du statu quo qui préserverait un cadre de vie rude, mais intact, à l’image des Faunes, un groupe de marginaux qui vit en autarcie au-dessus du village.

Seule l’existence d’une usine d’embouteillage parvient à maintenir jusqu’ici le bourg sous perfusion.

A sa tête, l’homme fort de la région, Malpeli, qui tient donc dans ses mains l’avenir de ce bout de montagne et qui pousse à la réalisation des projets immobiliers dans lesquels il est forcément partie prenante.

Or c’est son corps qui a été retrouvé sous un pont de Parme.

Dès lors c’est à une enquête bien curieuse à laquelle notre policier va s’atteler, où les évidences sont parfois trompeuses.

Il semble un peu déboussolé en arrivant à Monteripa, se demandant ce qu’il est bien venu y faire.

Pris bien malgré lui dans une sorte de huis clos à ciel ouvert, il cherche, tâtonne, se fie à son instinct, en quête de cet élément qui pourrait le mettre sur le chemin de la vérité.

Ses investigations avancent à pas feutrés, à l’image de ce personnage tout en nonchalance, mais qui progresse avec détermination à force de réflexion et d’analyse, aidé par sa compagne, Angela, qui ne cesse de lui susurrer ce qui pour elle est une évidence.

Valerio Varesi campe toutes ses intrigues à Parme ou dans la région environnante. Pourtant, ses plus fidèles lecteurs vous le confirmeront, c’est à chaque fois un dépaysement complet !

Dans « la main de dieu » le voici donc dans ce petit village des Apennins où tout le monde pourrait faire un coupable idéal.

Et rien n’y est simple. Il se passe des choses curieuses dans le cimetière, et les sangliers du secteur ont des comportements pour le moins étranges.

C’est à travers le regard des différents personnages du coin que le policier pourra comprendre ce qui se trame dans cette communauté et prendre la mesure de la décrépitude qui s’est emparée de la Région.

Une région terre d’histoire elle aussi, où les chemins des Maquisards d’autrefois sont devenus des lieux de transit de tous les trafics.

Valerio Varesi aime ainsi à rattacher toujours le présent au passé, ce qui permet à son héros d’appréhender les changements du monde, et parfois d’en ressentir de la nostalgie ou de la colère.

Drogues, héritage, projet immobilier et protection de l’environnement, Soneri aura bien du mal à démêler les fils dans cette enquête.

Servi par des dialogues remarquables, des personnages d’une grande profondeur psychologique à l’image de ce curé exalté et batailleur ou de ce garde forestier qui donnera à découvrir toute la beauté grandiose de la montagne, Valerio Varesi signe une nouvelle fois un petit bijou littéraire !

Du bel ouvrage , encore une fois.

ACQUISITION: SERVICE PRESSE

4 Commentaires

  1. LIONEL

    Bonjour Bruno, impossible de refuser une invitation à commenter le dernier (traduit) de Valério Varési………C’est toi qui m’a fait découvrir cet auteur que j’apprécie énormément et je t’en remercie…..

    Comme dans ton commentaire sur les sorties poches septembre de notre ami Robert Pondant, effectivement mes messages sur «contact» de ton blog n’arrivent pas….je t’ai envoyé une réponse suite à ton commentaire «sortie grand format» de septembre et ……je pense qu’encore une fois ils ne sont pas arrivés (par ma messagerie wanadoo ou orange) Bref c’est agaçant mais c’est comme çà….je me doute bien que ce n’est pas une volonté de ta part….

    Je pense par contre que les commentaires directs == Les sorties, Les chroniques etc…. arrivent correctement, mais si j’ecris un message personnel par le blog «contact»……Zéro, niet, que nenni ils n’aboutissent pas, dommage que tu n’est pas un autre moyen de contact.

    Donc je vais aborder Valério Varési, c’est superbe, comme tu le dis le personnage est attachant, il en fait ni trop, ni trop peu, le Maigret Italien !! peut être, mais il a sa personnalité bien à lui…..J’aime ses introspections et effectivement la façon dont il aborde le passé et le présent. Les descriptions des personnages, sa relation amoureuse, on passe un excellent moment avec Soneri……

    J’ai donc lu les deux premiers livres (traduits) de l’auteur avec encore un souvenir très agréable, très bonne narration, un livre à l’ancienne mais pas que, une belle écriture je dirais……

    N’hesitez pas et foncer vous allez découvrir un Auteur (grand A) pour ceux qui ne le connaissent pas encore……

    Merci pour ta chronique Bruno ….. quand je découvre un auteur généralement je lis tous les livres dans l’ordre de sortie, mais avec «la main de Dieu» je vais faire une exception et l’attaquer sans plus attendre

    Réponse
    • La petite souris

      merci pour ta confiance Lionel ! je suis trop content de savoir que tu adores Valerio Varesi ! c’est vraiment un auteur exceptionnel !Par avance bonne lecture ! 🙂 pour ce qui est de tes messages qui ne me parvienne pas, je crois que tu as trouvé la solution 😉 🙂

      Réponse
  2. LIONEL

    Une bonne histoire d’eaux et d’os…….de poudre et de montagne ( les Apennins, montagne d’Italie ), de cadavre d’héritage etc…. bref tous les ingrédients pour un bon Polar.
    Sonéri, notre Commissaire Italien préféré (ou presque) fidèle à lui même, il se pose toujours sur ce qui lui semble être les lieux du «Crime» et s’installe, il découvre les Autochtones, les traditions du coin, la bonne bouffe (je sais j’ai travaillé 14 ans pour les Milanais et la nourriture est magnifique) , bien sur il est rejoint par Angéla sa charmante dulcinée…..coquine délurée et intelligente.
    Un «Commissaire Sonéri» c’est comme un bon cognac, armagnac ou petite poire (avec modération) à prendre au coin du feu, tu savoures, tu sais à l’avance que tu vas passer un excellent moment, c’est agréable bien écrit, bonne narration, alors pourquoi ne pas se faire plaisir !!!!
    Faites comme moi , rejoignez les inconditionnels de ce très bon écrivain qu’est Monsieur Valerio Varesi

    Encore un bon moment, merci Bruno de cette très belle découverte………bonne santé à toi et je vais très bientôt regarder ta nouvelle Chronique………Amicalement Lionel

    Inutile de dire que tu avales ce livre en un éclair !!!

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    • La petite souris

      désolé de te répondre tardivement Lionel, mais j’ai une semaine bien chargée encore ! j’adore la comparaison que tu fais entre Soneri et un bon Cognac ! c’est tout à fait çà ! je crois que j’y penserai à chaque fois que je lirai une de ses prochaines aventures ! 🙂

      Réponse

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