LES MORTS DE BEAR CREEK

 

 

KEITH McCAFFERTY (traduction : Janique Jouin de Laurens )

ÉDITIONS GALLMEISTER

 

On peut être un amateur de polar, et avoir envie de changer d’air, de sortir de ces scénarii étouffants que commandent parfois les romans à suspens, de ces scènes sanguinolentes que nous délivrent souvent les thrillers. Si c’est votre cas, alors enfilez vos bottes et suivez-moi jusqu’au Montana.

Je vous emmène à la suite des personnages de Keith McCAFFERTY, à l’occasion de la publication en France de son second livre, « les morts de Bear Creek », aux éditions Gallmeister.

Peut-être avez-vous déjà fait la connaissance de cet écrivain américain avec « Meurtres sur la Madison », roman que je n’avais pas chroniqué à l’époque, mais qui est un excellent bouquin.

C’est là que sont apparus Sean Stranahan et de Martha Ettinger que nous retrouvons donc aujourd’hui.

Installé depuis peu dans le Montana, Sean, occupe son temps en officiant comme guide de pêche pour des clients venus titiller le poisson, tout en s’adonnant à la peinture. Mais il s’est être aussi à ses heures, un redoutable détective.

C’est d’ailleurs pour ses talents d’enquêteur que le « Club des menteurs et monteurs de mouches » fait appel à lui. Deux mouches de très grande valeur ont été volées dans leur chalet.

Dans le même temps, la shérif Martha Ettinger parcourt la Montagne Sphinx à la recherche d’un randonneur disparu, pour tomber sur un cadavre enterré, mis à jour par une ourse affamée.

Peu après c’est un second corps qui sera découvert un peu plus loin.

L’enquête s’avérant particulièrement complexe, l’aide de Sean ne sera pas de trop là non plus.

Le voilà donc devoir abandonner ses occupations pour mener des investigations sur ces deux affaires.

C’est le début d’une histoire incroyable qui fera arpenter le lecteur sur les chemins escarpés de cette région des Rocheuses et côtoyer des protagonistes hauts en couleur.

Car « les morts de Bear Creek » c’est certes d’abord une intrigue policière bien cousue, avec une trame des plus originales qui sort vraiment des sentiers battus.

Mais c’est aussi une galerie de personnages ciselés au détail, Sean et Matha gagnant notamment en densité par rapport au premier roman.

Et d’en découvrir d’autres, qui forcent immédiatement l’empathie du lecteur, à l’image de Martinique, serveuse topless, à la poitrine généreuse et au caractère bien trempé. Une femme que l’on aimerait d’ailleurs retrouver dans de prochains ouvrages de l’auteure tant on s’attache immédiatement à elle.

Les liens qui se tissent entre eux donnent âme et épaisseur à cette petite communauté bousculée par cette mort qui vient rôder près d’eux. À côté de l’intrigue proprement dite, Keith McCAFFERTY offre en effet à voir ces personnages dans leurs relations quotidiennes.

À l’image de Sean qui trouve le réconfort auprès de Martinique, de Martha qui peine à sortir de son esprit Herald little Feather son ancien amant indien. Mais la relation entre ces deux êtres laisse poindre l’idée qu’ils se cherchent peut-être.

 « Les morts de Bear Creek » c’est également le talent d’un auteur à nous décrire cette nature sauvage et grandiose du Montana, à nous dépeindre de manière méticuleuse cet art de la confection des mouches.

 Même le lecteur néophyte en la matière se laissera facilement séduire par ce sport si particulier de la pêche dont Sean est un grand adepte.

Roman à l’intrigue subtile, questionnement sur le sens de la vie quand celle-ci s’approche de son échéance, Keith McCAFFERTY nous offre un roman à la fois riche en rebondissements, mais aussi duquel transpire beaucoup de tendresse et d’humanité, le tout agrémenté parfois d’un zest d’humour.

Un dépaysement salvateur, pour une histoire sans pathos ni grandiloquence et qui atteint son lecteur sans coup férir.

4 Commentaires

  1. Sylvie Bazin

    Ah, oui ! J’avais beaucoup aimé meurtre sur la Madison. Il faut dire que Tapply nous a laissés orphelins, alors on se jette sur celui-ci !

  2. Lessieux

    BJR, Gallmeister m’ a quasiment envouté je ne lis presque plus que ces livres avec à coté julien Gracq, un Angevin, qq fois + Loise Erdrich. Je lis le « Canard et Mediapart et 803. J’ achète s/ BBC à 5 € les grands formats et les poches à 2 ou 3 €. Merci pour vos listes, que de rééditions !9a boume. Bien cordialement

    • La petite souris

      Les editions Gallmeister comptent parmi les meilleurs éditeurs français. Outre la qualité de leurs publications, rajoutons la beauté de leurs couvertures ! 😉

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