SIX VERSIONS T2 & T3

18 février 2024

Roman de

Matt WESOLOWSKI

Édité chez

Les arènes

Date de sortie
2 février 2023
Genre
Thriller
Pays de l'auteur
Royaume-Uni
Traduction
Antoine CHAINAS

En janvier 2023 je mettais en ligne la chronique d’un roman hors norme et particulièrement novateur dans l’univers du thriller.

 Matt Wesolowski venait en effet de publier son premier livre, « Six versions : les orphelins du Mont Scarlaw » et mine de rien, c’était ( enfin) un vent frais qui soufflait sur ce genre qui avait bien du mal à se renouveler.

Ce premier ouvrage entamait en fait une série, construite sur le même ressort scénaristique.

Exceptionnellement, ce sont les tomes 2 et 3 que je vous présente aujourd’hui dans cette chronique.

Matt Wesolowski a eu la géniale idée de déplacer l’angle d’attaque de ses romans, et de mettre son lecteur au cœur des affaires criminelles qu’il aborde. Comment ?

En se passant tout d’abord de tout représentant des forces de l’ordre. Dans les œuvres de l’écrivain, pas l’ombre d’un policier pour mener l’enquête, pas même un journaliste, mais un podcaster ,  Scott King, qui dans ses émissions « six versions » revient sur des crimes ou des affaires qui en leur temps on défrayé la chronique et marqué durablement les esprits.

Au cours de celles-ci, il donne la parole à ceux qui ont été directement concernés par l’affaire, qu’ils aient été témoin, victime, voire même auteur du drame qui s’est joué.

Chacun apporte son éclairage, sa vision de la tragédie. Scott King ne recherche pas forcément à découvrir la vérité, même si parfois des révélations se font jour au détour d’un enregistrement auprès d’un protagoniste, ou en recoupant les affirmations recueillies auprès de plusieurs d’entre eux.

Ce qui l’interesse avant tout c’est comprendre, mettre à nu les mécanismes qui ont conduit au drame .

Autant d’approches différentes qui vont permettre au lecteur de forger sa propre opinion de ce qui s’est réellement joué dans l’affaire relatée.

Dans «  six versions/ la tuerie de Macleod »  nous faisons la connaissance d’ Arla . Cela fait un moment qu’elle est internée en hôpital psychiatrique.

A vingt ans elle a tué à coups de marteau, sa mère, son beau-père et sa petite sœur. L’affaire est entendue, la coupable enfermée.

Arla qui s’est toujours refusée à s’exprimer sur ses actes va accepter cependant de se confier à Scott King. Celui-ci va dès lors remonter son passé, interroger d’anciennes camarades de classe, et s’intéresser à ses proches.

Au fil de ses émissions, le portrait d’Arla apparait des plus contrastés.

L’histoire d’une jeune fille issue d’une famille très conservatrice, qui enfant un jour fut agressée lors de vacances estivales, et qui à partir de là verra souvent des enfants aux yeux noirs lui apparaître.

Elle  ne trouvera d’évasion que dans la musique «  shock rock », un genre accès sur l’outrance et la violence, ou les réseaux sociaux, lieu de jeux macabres qui frôlent avec les frontières de l’étrange.

De fausses pistes en découverte, Scott King fait émerger, derrière le visage d’une folle meurtrière celui d’une autre victime, qui a grandi sans amour , lestée du poids de son mal être adolescent .

Avec «  six versions : le disparu du Wentshire » on retrouve la même mécanique , la même approche du drame.

1988, le soir de Noël. Alfie n’avait que 7 ans . Ses parents étant en instance de divorce, son père venait de le récupérer auprès de sa mère  qui avait, selon lui,  quelques problèmes avec l’alcool.

  Sur la route, il dû s’arrêter au bord de cette forêt, à cause d’un bruit au moteur. Le temps de descendre et de soulever le capot ,de vérifier que tout allait bien, Alfie avait disparu. On ne le retrouvera jamais.

Trente ans ont passé. Scoot King revient sur cette affaire, et une nouvelle fois, à travers son émission va entamer une exploration rétrospective de cet évènement douloureux.

Les témoignages des uns se heurtent à la vérité des autres, remettant en cause bien des certitudes . Les portraits évoluent, et font apparaître peu à peu, une réalité qui laisse entrevoir un drame encore plus sordide qu’il ne l’était déjà, et conduira cette fois-ci à une véritable révélation.

Cette affaire nous fait glisser doucement vers le fantastique, avec ces légendes qui imprègnent les lieux.

Matt Wesolowski, adore jouer avec les frontières du fantastique et c’est souvent par ce biais là qu’il parvient à diffuser une atmosphère angoissante  et latente dans ses romans.

 Ici il est question d’esprits frappeurs, de bruits récurrents qui surgissent inopinément sans qu’on ne sache vraiment leur origine. Mais est-ce vraiment le cas, où est-ce nos peurs primaires qui face à l’inexpliqué nous jouent des tours ?

En tout cas l’auteur en joue parfaitement, et en articulant plusieurs perspectives, plusieurs points de vue , il nous offre une fois encore un roman passionnant à lire, où l’approche psychologique des personnages est le moteur principal de son suspens.

Assurément une serie originale et innovante !

ACQUISITION: SERVICE PRESSE

2 Commentaires

  1. Nico

    Hello.

    Merci pour cette chronique qui donne envie de lire !

    J’ai lu le tome 2, j’ai trouvé ça vraiment très réussi : c’est très original, on comprend petit à petit la psychologie des personnages, l’auteur permet d’avoir de l’empathie pour la coupable sans la dédouaner de ses actes. Surtout, il a confiance dans son histoire et son dispositif, il n’y a pas de rebondissement spectaculaire ni de denouement inespéré.

    La question que je me posais, c’est si ça marche sur plusieurs histoires, ta chronique semble dire que oui, je vais en lire un autre pour voir.

    Lequel as-tu préféré, le tome 1 ou le 3 ?

    Nico

    Réponse
    • La petite souris

      Bonjour Nico ! question interessante que tu poses là ! effectivement, passée la surprise du premier opus qui surprend son lecteur par cette mécanique originale mise en oeuvre pas l’auteur, on pouvait légitiement se demander si les tomes suivants ( qui pour ceux qui n’ont pas encore lu un des ouvrages , peuvent se lire indépendemment ) seraient aussi enthousiasmants . Pour avoir lu les trois premiers tomes de la série, je t’avoue que la lecture des T2 et T3 m’ont plus car la thématique est à chaque fois différente. Ca reste efficace et bien mené pour l’écrivain. Après je ne te cache pas, que je n’envisage pas de lire les suivants, car personnellement je considère avoir fait le tour de cette approche innovante, même si je ne doute pas de la qualité des tomes à venir. Pour répondre à ta deuxieme question, je t’avoue que j’ai beaucouop aimé le 3e, mais le premier reste celui qui m’aura le plus marqué car la surprise était totale.

      Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.